Paranoïak
Mon premier est un militaire.
Mon second une forme de théâtre nippon.
Mon troisième un bovidé très velu.
Mon tout est un film bien pourrave signé CJ Caruso.
Paranoïak ! Et oui !

Bon, comme le film n’en vaut pas la peine, je ne vais pas m’éterniser.
Le pitch est simple : un gamin de richard se retrouve en résidence surveillée pour avoir mandalé un prof. Pas top kawai mais ça vaut mieux que la zonzon. Le truc, c’est que le ptit Kale – c’est son prénom – s’emmerde très vite dans sa chambre de 80 m² : Xbox, Ipod, TV sur écran géant, goinfrage et pionçage. Ouais, la vie est dure pour les braves. L’oisiveté est mère de tous les vices, dit-on. Et ça se vérifie ici : Kale, lassé de sa trépidante incarcération se met à espionner son voisinage : le couple adultère de la maison d’en face, les gamins d’à côté qui mattent des films X, sa charmante voisine – Ashley-la-future-pornostar – qui vient d’emménager et surtout le très taciturne Mr Turner, qu’il soupçonne d’être un… serial killer ! Un quoi ? Un serial killer ! Un tueur en série ! Aaaah un serial killer ! Le hic, c’est que personne veut le croire – enfin au début. Mais là où ça commence vraiment à sentir le moisi, c’est quand Mr Turner se rend compte qu’il est épié par le ptit merdeux et ses deux potes… Too baaad !
Bon, j’vous en dis pas plus ( puis y’a pas grand-chose à dire vu que le peu d’intrigue qu’il y a part vite en eau de boudin ).
Donc dans les grandes lignes :
Une réalisation bidon et trop léchée. J’aurais préféré quelque chose de beaucoup plus sombre, de plus angoissant, de plus étouffant. L’idée du semi huis clos aurait pu être mieux rendue à l’écran ( surtout pour la scène finale dans la maison de Turner ). Enfin bon…
L’histoire met beaucoup de temps avant de décoller pour ensuite adopter une vitesse de croisière digne de celle d’un gastéropode sous morphine. C’est lent, pour ne pas dire que ça se traîne le cul. Beaucoup de fioritures, des dialogues d’une vacuité sans nom ( « oh non ! où est mon ipod ?! » ) et des situations qu’on voit venir gros comme une maison.
Les acteurs ? Mouahaha ! Le pauvre Shia Labeouf n’as qu’un seul mérite : avoir un joli petit cul ( cf. Bobby d’Emilio Estevez ). Hélas, il ne le montre pas dans ce film. Carrie-Anne Moss ? Elle est transparente comme pas possible ( alors qu’elle était pas mal dans Fido et bien dans Snow Cake… ). En fait, le seul à sauver un peu les meubles, ben c’est David Morse. Faut dire que le gus a non seulement une gueule mais aussi le charisme nécessaire à l’incarnation de tout vrai méchant. C’est vraiment le seul bon élément du film ( avec la Mustang 60′ ).
Je pourrais continuer encore longtemps en vous disant tout le mal que je pense de la bande son, de la débilité de l’ensemble du film ou encore de la peinture caricaturale que fait Caruso des petites banlieues tranquilles…
Je vais conclure ainsi : Caruso a signé là une belle petite daube pour teenagers en mal de ( fausses ) sensations fortes. Ce n’est ni violent, ni drôle, ni effrayant, ni captivant. Juste mortellement chiant. Donc si vous voulez passer un bon moment au cinéma, allez voir Boarding Gate ou le docu de Julien Temple sur Joooooooe Strummer !