Laisse-moi kiffer la Vaïbz avec mon mec !

juin 28, 2009 at 10:08 (Zic)

Je tenais absolument à faire un topic en hommage à cette artiste que je trouve unique entre toutes : Diam’s , de son vrai nom Mélanie Georgiades (ce qui claque légèrement moins, tout de suite, comme nom de scène).

Diam’s est née le 25 Juillet 1980, à Mycosie, à Chypre. Ah, on me chuchote dans l’oreillette que c’est à Nicosie qu’elle est née en fait. My mystake.

Nous avons d’ailleurs un cliché assez spectaculaire de l’accouchement (elle a été médiatisée très jeune) :

Diams sortant de la vulve maternelle, le 25 Juillet 1980. Vous remarquerez quelle est née avec des cheveux, du maquillage, une bague, et des boucles doreille. Dès lutérus, elle était coquette, la petite dame

Diam's sortant de la vulve maternelle, le 25 Juillet 1980. Vous remarquerez qu'elle est née avec des cheveux, du maquillage, une bague, et des boucles d'oreille. Dès l'utérus, elle était coquette, la petite dame

Cet excellent cliché pris par le service de gynécologie obstétrique de l’Hôpital de la ville de Mycosie a d’ailleurs été repris comme couverture pour le 1er album de Diam’s.

Aujourd’hui, Diam’s-à-la-place-du-gland a bien grandi et pris en consistance, si je puis dire :

100 % pur porc, 8,99 €/kg. Jambon de Bayonne, appellation contrôlée. Garantie avec OGM

100 % pur porc, 8,99 €/kg. Jambon de Bayonne, appellation contrôlée. Garantie avec OGM

Elle a également pris en assurance et en féminité :

Yo scumbag ! you talking to me, nigga ?!? YOU FUCKED MY WIFE !!

Yo scumbag ! 'you talking to me, nigga ?!? YOU FUCKED MY WIFE !!

Inutile de dire que je suis un fan inconditionnel de sa musique. Elle révolutionne le chant. On n’a pas vu pareille rupture avec l’académisme classique, depuis la fracassante musique dodécaphonique et Pierrot Lunaire. Il y a eu Farinelli, l’apothéose du génie baroque italien. Il y a eu Arnold Schöneberg, qui a réinventé la parole dans l’Opéra au XXème siècle, avec son sprech-gesang. Il y a désormais Diam’s. Et c’est encore bien peu reconnaître au maître l’étendu de son originalité implacable et évidente.

Farinelli : Pokémon évolution I

Farinelli : Pokémon évolution I

Schönberg : Digimon évolution II

Schönberg : Digimon évolution II

Diams : Power Rangers de lEspace, évolution III

Diam's : Power Rangers de l'Espace, évolution III

Mais présentons son oeuvre deux minutes. Diam’s a une approche textuelle totalement concept ! Son lemme initial ? Une idée simple et humble : il n’existe pas de sujet poétique en soi. C’est l’artiste qui transcende l’objet de l’évocation par son Art, et qui insuffle le beau dans l’évocation, quelle qu’elle soit. Cette approche a eu pour conséquence cette oeuvre fracassante, ce choc douloureux et divin de l’originalité qui fait tout de suite mouche. Je vous laisse découvrir une première touche de son talent dans cette vidéo :

L’objet évoqué est trivial, mais les paroles et la mélodie sont enchanteresses :

« Laisse moi kiffer la vaïbz avec mon mec !

Ch’uis pas d’humeur à c’qu’on m’prenne la tête !

J’ai mes soucis donc s’il te plaît arrête,

Laisse moi kiiiiffer la vaïbz avec ceux qu’j'aime… »

Laissons-nous aller quelques secondes à une douce exégèse : La vaïbz (du latin vaïbza, ae, 1ère déclinaison ; substantif qui a la propriété remarquable dans l’univers Diam’sien d’être toujours pluriel) se doit d’être dûment kiffée (kiffo, as are, avi, atum : 1ère conjugaison) : c’est le message et délicieux leit-motiv de cet hommage à l’existence et aux grandes amours ! Peux-on contester la poésie manifeste qui émane de cette ode à la saveur de vivre ?

Les mauvaises langues diront que Baudelaire avait déjà complètement exploré l’idée, avec son célèbre poème sur la Charogne. Lui aussi avait pris pour parti que le sujet intrinsèquement poétique est un leurre, et que seuls les vers du poètes transforment le verbe en poème. Soit, il est vrai. Et bien qu’à cela ne tienne ! Nous enjoignons Diam’s à rendre hommage à son maître et prédécesseur en Happening Verbal, en lui dédicaçant cette nouvelle ode, composée par moi et SuperGarfield autour d’un double BigMac un soir d’orage :

« Laisse moi kiffer la vibes avec ma charogne !

Ch’uis pas d’humeur à c’qu’on m’prenne la trogne !

J’ai mes soucis lâche-moi où ch’te cogne !

Laisse moi kiiiiffer la vibes avec ma charogne ! »

J’ai envoyé cette proposition de remix à sa maison de disques. J’espère qu’un partenariat verra bientôt le jour.

Mais récemment Diam’s a accouché d’un concept scénique et mélodique encore plus novateur ! Celui du Happening Musical Permanent !

S’inspirant des travaux du mouvement Fluxus, , qui prône la fonte de tout clivage entre Art et Vie Courante, Diam’s va encore plus loin avec ce tube messianique :

J’immortalise par écrit un petit extrait qui m’a bouleversé au plus profond :

« Mais ferme ta gueule toi aussi !

Regarde-toi t’es en calcif putain, tu fais le miskine, mais tu viens de briser mon amie.

Oh ! T’es pas un homme, t’es qu’une victime T’as un problème avec ton slip ou quoi ?

Putain vas-y Vitaa on se casse d’ici ! Viens, viens ! »

Vous aussi, vous vibrez avec moi à la lecture de ce texte ? [je n'invente rien : c'est effectivement tiré de la chanson précédente] (A noter que le jeune acteur qui incarne l’amant cocufiant dans ce clip peut m’ouvrir en deux comme une figue trop mûre QUAND IL VEUT ! :p) Le message est là : la trivialité de la vie courante n’est rien. L’Art et la musique transcendent tout. Tout est digne d’être mis en chanson. En sus du caractère novateur incontestable de cette oeuvre audio-visuelle, le récit se termine sur un rebondissement incroyable ! Femmes enceintes, s’abstenir !

J’ai eu un choc culturel intense lors du visionnage de cette oeuvre brillante par son avant-gardisme. Les conséquences sur ma personne ont été implacables. Quel intérêt désormais à ne pas utiliser mon merveilleux organe vocale dès que l’occasion de communiquer avec mes semblables se présente ? Je ne pouvais plus me contrôler. Chaque mot devenait l’objet d’une fête ! Je me tenais à côté de Ryu, qui venait de m’initier aux plaisirs de cette nouvelle conception du rapport au chant et à la vie, et devant lui je ne pouvais m’empêcher de beugler avec exaltation, sur l’air de Carmen : « Passseuuu-moi doooonkeu quelqueuuues friiiites, j’ai trop la dalle faut que jbouffe quelqueuuu choooose » air de L’amour est enfant de Bohème

Evidemment, tout génie s’entoure immédiatement d’une armée de crétin. Fatal Bazooka et Pascal Obispo n’ont pas perçu la nature métaphénoménologique du message novateur apporté par Diam’s, et se sont fendu d’une médiocre parodie facile et vile, que vous pourrez visionner ci-dessous :

Ca y est, j’ai désormais une flaque entière en dessous de mon siège. Diam’s m’est apparue et m’a montré la voie. Je suis une femme nouvelle. Ma vie a un nouveau sens. Quelle immense artiste…

La voici qui salue son public avec une émotion et une infinie délicatesse, c’est émouvant :

« Si demain ch’fais d’la musique de merde vous s’rez p’u là, alors j’espère k’ch’f'rai toujours d’la bonne musique et qu’on continuera à kiffer ensemble ! ».

Puis, ne contenant plus sa joie et son émotion, c’est la poésie brute qui sourd de sa voix angélique, pour ces quelques mots d’amour pour ses fans : « Merci ! Putain ! MERDE ! »

C’est sur cette déclaration d’amour d’une exquise finesse à son public, que j’arrête là l’hommage rendue à cette Diva des temps modernes.

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