The Wrestler, un drame social de Ken Loach

juin 25, 2009 at 12:32 (Coup de Pouce, Pop-Corn Movies)

Quand on pense misère humaine, on pense inéluctablement boat-people, kebab et Lucienne, la vieille péripatéticienne édentée qui taille des pipes à cinq euros dans son estafette déglinguée porte Dauphine – la meilleure suceuse de tout l’ouest parisien, après moi.

On oublie néanmoins trop souvent de citer Ken Loach, réalisateur trop méconnu qui est au cinéma ce que Zola est à la littérature. Si son nom revient dans les médias en ce moment, c’est parce que son dernier long métrage en date est à l’affiche : The Wrestler.

The Wrestler, c’est la biopic de Pamela Anderson, sulfureuse pornostar qui, quand elle ne fait pas des cascades avec une moto, une grue et un trans-palettes, met à profit ses généreux flotteurs pour secourir les imprudents nageurs de Malibu Bitch. Ce poignant drame socialo-familialo-professionel aux couleurs ternes et froides se divise en deux parties bien disctinctes : dans la première, on suit les pérégrinations de la belle – teintures, mises en plis, balayages, fitness, bronzage et aerobic. Les vingt premières minutes que dure cette partie sont proprement insoutenables, à tel point que j’ai vu des gens sortir de la salle – le réalisme était tel qu’on pouvait presque sentir les vapeurs d’amoniac et d’eau oxygénée !

Chu trop une bombe platine, Dj ! Fluxus staïle en force !
Chu trop une bombe platine, Dj ! Fluxus staïle en force !

Mais la dureté de ces premiers moments n’est rien comparée à celle du reste du film. Dans la seconde partie, Pamela Anderson, après s’être fait copieusement tabassée par Tommy Lee – elle avait sniffé le dernier rail de coke : normal que Tommy se soit vénère ! – quitte leur mobile home et décide de se mettre au catch dans l’espoir de rendre la monnaie de sa pièce à son batteur de mari.

A partir de là, elle change radicalement et devient presque méconnaissable – faut dire que soulever 200 kilos de fonte tous les jours pendant des heures, ça transforme ! Pour se faire une idée de la transformation, il faudrait imaginer Hulk Hogan faisant de la pub pour Aubade et L’Oréal. Bref. Désormais musclée comme une lanceuse de poids de l’ex RDA, l’anciennement-belle écume les rings locaux de catch où elle marave leur race à toutes ces petites taffioles bodybuildées aux corps huilés aimant s’envoyer en l’air et dans les cordes – car le catch, on dira ce qu’on voudra, ça reste un sport de tarlouzes et d’enculés.

On retiendra de cette partie du film une scène particulièrement dégueulasse dans laquelle Pam a d’abondantes menstrus durant un combat – ce qui n’a pas l’air de déplaire à son adversaire, qui semble être un amateur éclairé de barbelés ( crypto-hommage à Barb Wire ), d’agraffage de tétons et de verre pilé dans l’derche.

En parallèle de sa carrière, elle tente de renouer contact avec sa fille, une brunette gouine aussi imbaisable que la Lucienne suce-mentionnée plus haut. Mais les larmes et la bonne volonté n’effacent pas les blessures infligées par l’absence et le manque d’amour ô combien cruel d’une mère. Alors Pam, qui a compris que sa vie ne se résumait plus qu’au catch, abandonne tout – son boulot de trancheuse de jambon dans un Lidl local et ses visites quotidiennes à Butch Cassidy, la rouquine gogo-danceuse du Nibarbar du coin – et, au péril de sa santé défaillante, s’en va affronter son ultime ennemi sur le ring : l’iranien Ayathollah ( qui en fait s’appelle Bob et vit à Palm Spring ).

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